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Les Brèves

Les Brèves de La lettre du RPH n° 162

La formation du clinicien en psychothérapie et en psychanalyse au sein du RPH

Fernando de Amorim

L’évaluation dans la clinique du psychanalyste est une constante. Cependant, quelques-uns font la fine bouche à l’idée de montrer aux collègues leur clinique. Cette logique du secret prête le flanc aux attaques injustifiées dont la psychanalyse est la cible. La psychanalyse n’est pas le psychanalyste, tout comme la psychanalyse n’est pas une méthode ou une technique. La psychanalyse est la possibilité pour l’être de savoir sur ce désir plus fort que lui et qui,  en tant que tel, rend sa vie invivable. Après une psychanalyse, le sujet danse avec la vie et avec l’autre, il ne se laisse plus marcher sur les pieds ou sur la tête.

Au sein du RPH, l’évaluation se fait lorsque le patient sort de sa psychothérapie et le psychanalysant de sa psychanalyse (Cf. « Cartographie » in www.rphweb.net).

Cependant, avant que n’arrive ce moment crucial, nous vérifions la conduite de la cure dans des supervisions (hebdomadaires), dans des contrôles (hebdomadaires) et lors de nos réunions cliniques mensuelles (2e mardi du mois).

A ces réunions, les cliniciens présentent, à tour de rôle, le même cas pendant toute la durée de cette cure, qu’elle soit une psychothérapie ou une psychanalyse.

Pour ces réunions, le texte de présentation du cas clinique est envoyé aux membres cliniciens du groupe au minimum deux jours à avant afin qu’ils puissent en prendre connaissance. De 21h et jusqu’à 23h, la personne présentant le cas répond aux questions et reçoit la critique des collègues sur sa façon de conduire la cure.

Comme chacun est appelé à présenter son cas, toujours le même jusqu’à la sortie du patient (de la psychothérapie) ou du psychanalysant (de la psychanalyse), les affects agressifs des collègues sont beaucoup plus retenus, personne n’ignorant que son tour viendra !

Ces présentations cliniques sont enregistrées et publiées dans le « Bulletin du RPH ». Cette publication dans le bulletin sert à vérifier les points cardinaux et la direction de la cure. Elle vise à attester qu’effectivement, l’être qui occupait la position de malade ou de patient a fait une psychothérapie ou bien qu’il est entré en psychanalyse, est devenu psychanalysant et, en sortant de sa psychanalyse, occupe la position de sujet. Si l’être est devenu sujet, celui qui se trouvait avec lui sur le radeau de la cure (dans la position d’objet a pour le psychanalysant et dans la position de supposé-psychanalyste pour ses pairs), peut se considérer (bulletins à l’appui), psychanalyste. Au moins de la cure en question.

Ainsi, nous pouvons dire que nous sommes très évalués : le patient ou le psychanalysant nous évalue tous les jours ; notre superviseur nous évalue ; notre psychanalyste attire notre attention lorsque notre transfert déborde sur le patient ; une fois par mois nous sommes évalués par l’ensemble des cliniciens et, à la fin de la cure, cela veut dire au moins dix ans plus tard, nous allons être évalué (toutes les séances des réunions cliniques rassemblées en un seul bulletin concernant le parcours du psychanalysant et du supposé-psychanalyste), pour savoir si vraiment nous méritons d’être reconnu comme le psychanalyste de cette psychanalyse.

Nous pensons qu’un clinicien n’a pas à rougir de sa clinique. Mais pour cela, il nous semble que la meilleure façon de conduire la cure sans jeter le radeau sur les récifs ou tourner en rond, est que le supposé-psychanalyste ne quitte pas la position de psychanalysant.

Nous invitons nos collègues à généraliser cette méthode de travail. Peut-être ainsi, dans quelques années pourrons-nous récolter la preuve que, indépendamment du groupe, de l’orientation, du pays où il pratique, il est psychanalyste. Tout simplement parce qu’il a supporté le transfert dans un premier temps et, dans un second temps, qu’il a occupé la position d’objet a.



 

RPH - Réseau pour la Psychanalyse à l'Hôpital
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