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Les Brèves

Les Brèves de La lettre du RPH n° 36

13% des français renoncent aux soins pour des raisons financières

(source : Le quotidien du médecin du 4.IX.2006).

Pas un mot sur le renoncement des soins des patients en psychothérapie, même si les médias parlent d’une augmentation des consultations « psy ». Hors, « psy » ne rend pas la spécificité du champ de la santé mentale. Un jeune que prend rendez-vous chez un psychiatre après plusieurs mois d’attente dans un CMP, que fait quelques dizaines de séances de psychothérapie n’est pas soigné, dans le sens vivant du mot clinique. Le RPH est confronté dans sa consultation publique quotidiennement au problème du renoncement, cependant nous prenons en charge des patients pour des psychothérapies ou psychanalyses sans nous inquiéter avec la durée chronologique du traitement.

D’ailleurs chez nous, nous essayons toujours d’éviter les listes d’attente. Ou nous prenons en charge un patient ou nous l’adressons sans tarder à un collègue d’un réseau voisin. Nombreux sont les patientes et patients que viennent vers notre consultation parce qu’elle peut être gratuite. La question de la pauvreté est traitée chez nous comme un symptôme que quelques-uns veulent lâcher et que d’autres chérissent avec vigueur. Le RPH et ses cliniciens (psychanalystes et psychothérapeutes) s’engagent dans la mesure de ses moyens avec les moins fortunés dans le champ de la santé mentale et corporelle.

Récemment une femme d’une cinquantaine d’année avait abandonnée sa psychothérapie par manque d’argent, selon elle. Nous pensons qu’il s’agit plus d’une difficulté psychique (inhibition et désir d’autodestruction) que strictement d’une difficulté financière. La preuve est que quand nous avons proposer de revenir rencontrer le même psychanalyste ou de rencontrer un autre praticien de notre équipe elle a refusée gentiment.

 

L’hypocondrie est en passe de devenir la maladie du XXIe siècle

(Source : Ecole de Médecine de Harvard et Figaro Magazine 19.X.2006).

Selon les dires de cette étude, « une consultation sur vingt chez un médecin généraliste ne serait déjà motivée que par l’angoisse d’être malade. ». Il nous semble important de faire la distinction entre hypocondrie, héraut du déclenchement de la psychose, selon Fernando de Amorim, et la nosophobie, terminologie de la tradition psychiatrique française que cet auteur propose pour maintenir la distinction entre psychose et névrose (Revue de psychanalyse et clinique médicale, n° 4, pp. 56-92).

Maintenir la distinction entre névrose, psychose et perversion est importante pour deux raisons : a) cliniquement, elle aide le généraliste à distinguer, entre autres, l’angoisse dans la demande du névrosé de l’angoisse dans la demande du psychotique ; b) Politiquement, cette distinction vise maintenir une lecture structurelle de la clinique médicale et psychanalytique, au contraire de la clinique du consensus où la spécificité de la parole du patient risque de se perdre.

Fernando de Amorim


 

RPH - Réseau pour la Psychanalyse à l'Hôpital
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