Editorial
D’où vient vraiment le temps venu ?
« Le temps est venu » ! Qu’en termes délicats la mise à mort s’énonce ! Quelle splendeur de pudeur revêt là le sadisme ! Puisqu’un jour on leur fit la promesse de les pendre… un jour, des hommes ont attendu dix ans, et plus, l’exécution de leur sentence. C’est ainsi que les hommes meurent dans les prisons au Japon. Les bruits ces indices maintes fois redoutés finalement les concernent : la porte de leur cellule s’ouvre et le temps, soi-disant, serait venu pour eux, tout exprès ! Balivernes ! Il y a beau temps que le temps s’est, pour eux, arrêté au franchir de leur geôle ! Mais c’est le temps venu du bourreau de faire son office et du ministre de finir d’en jouir de suspendre la capitale sentence !
D’où vient ce temps où un porte-parole se permet de gausser la moitié de celle dont précisément il porte la parole ? D’où vient ce temps venu de l’irrespect boursouflé de vanité ? N’est-ce pas un temps revenu de ces temps exécrables où les machistes pouvaient railler le vouloir savoir des femmes ? Mais d’où vient ce temps venu de femmes se prenant pour des hommes ?
Cette autre et triste histoire de seul défaut du compagnon nous vient d’un temps revenu et recuit dans le gras d’un bouillon qu’on pensait avoir mieux écumé que cela ! Quel dommage que la première femme candidate à l’élection présidentielle française ait cru bon réagir en homme à cette saillie vulgaire et déplacée ! Las ! Elle écarte, confine, exile – suspend pour un mois – le mauvais plaisant ; lui donne un « carton jaune » ! Mais quel intérêt a cette caricature d’homme !?
La femme d’un homme aurait banni définitivement le mal élevé ; ou aurait pu rire, à gorge déployée même, faisant ainsi de ce qui n’est qu’un mot piteusement machiste, une lapalissade ! |
Le « compagnon » d’une femme n’est-ce pas toujours son défaut ? Sa faille dans la cuirasse ? Celui par qui s’affiche, et s’assume l’humaine condition : par défaut ! Au lieu de quoi sa réaction hisse ce gros mot au rang de witz, de trait d’esprit !
Ce qui semble extrêmement difficile pour une femme dans l’exercice de la pêche aux suffrages universels c’est de ne pas l’oublier cette humaine condition : elle est femme d’un homme, aussi et parfois cela passe avant tout ! Sur ce chapitre les hommes ont encore quelques longueurs d’avance puisque, eux, du moins, n’ont pas à faire la femme ! Voyez comme le rival de notre femme politique joue du défaut de sa compagne dans sa campagne : il nous fait le mari de la boulangère, Pomponnet souffrant à cause de Pomponnette ! Sans pour autant oublier de tenir bien haut et bien court ceux en charge de porter très sagement sa parole quand bien même sa dame ne leur agrée point !
D’où vient cet autre temps qui exhale l’immonde haleine du soupçon général ? Qui fait que Pomponnet s’entiche du Fichier National Automatique des Empreintes Génétiques – FNAEG – au point d’y faire entrer le violeur, le voleur et le faucheur d’OGM, entres autres ? Dont l’ami, Estrosi – ministre de l’Aménagement du Territoire – aurait dit que les citoyens européens seraient mieux protégés « si on prenait leur ADN dès leur naissance » ! Derrière les mines patelines d’un docteur Pomponnet se devine le mystère hideux d’un amour sans faille pour la science camisolante, seule capable d’empêcher un Guy Georges d’aller « jusqu’au bout de ses crimes » ! (Le Parisien, édition de Paris, samedi 20 janvier 2007) Le divin Pomponnet pense sans doute que chacun ici bas est destiné d’une façon infaillible – ADN oblige – et éternellement vraie à être sauvé ou damné ! Espérons qu’il n’ait, lui non plus, occasion d’aller jusqu’au bout, pour lui apprendre à croire à la prédestination ! |