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La lettre du RPH

Elle est mensuelle, elle est informative et de libre opinion.
Pour en être destinataire il vous suffit d'en faire la demande à l'adresse suivante : edith.de-amorim@orange.fr



La lettre du RPH


Réseau pour la Psychanalyse à l’Hôpital
Janvier 2007 Rédacteur en Chef : Edith de Amorim N° 103

Editorial

      D’où vient vraiment le temps venu ?

      « Le temps est venu » ! Qu’en termes délicats la mise à mort s’énonce ! Quelle splendeur de pudeur revêt là le sadisme ! Puisqu’un jour on leur fit la promesse de les pendre… un jour, des hommes ont attendu dix ans, et plus, l’exécution de leur sentence. C’est ainsi que les hommes meurent dans les prisons au Japon. Les bruits ces indices maintes fois redoutés finalement les concernent : la porte de leur cellule s’ouvre et le temps, soi-disant, serait venu pour eux, tout exprès ! Balivernes ! Il y a beau temps que le temps s’est, pour eux, arrêté au franchir de leur geôle ! Mais c’est le temps venu du bourreau de faire son office et du ministre de finir d’en jouir de suspendre la capitale sentence !

       D’où vient ce temps où un porte-parole se permet de gausser la moitié de celle dont précisément il porte la parole ? D’où vient ce temps venu de l’irrespect boursouflé de vanité ? N’est-ce pas un temps revenu de ces temps exécrables où les machistes pouvaient railler le vouloir savoir des femmes ? Mais d’où vient ce temps venu de femmes se prenant pour des hommes ?

       Cette autre et triste histoire de seul défaut du compagnon nous vient d’un temps revenu et recuit dans le gras d’un bouillon qu’on pensait avoir mieux écumé que cela ! Quel dommage que la première femme candidate à l’élection présidentielle française ait cru bon réagir en homme à cette saillie vulgaire et déplacée ! Las ! Elle écarte, confine, exile – suspend pour un mois – le mauvais plaisant ; lui donne un « carton jaune » ! Mais quel intérêt a cette caricature d’homme !?

       La femme d’un homme aurait banni définitivement le mal élevé ; ou aurait pu rire, à gorge déployée même, faisant ainsi de ce qui n’est qu’un mot piteusement machiste, une lapalissade !



 

       Le « compagnon » d’une femme n’est-ce pas toujours son défaut ? Sa faille dans la cuirasse ? Celui par qui s’affiche, et s’assume l’humaine condition : par défaut ! Au lieu de quoi sa réaction hisse ce gros mot au rang de  witz, de trait d’esprit !

        Ce qui semble extrêmement difficile pour une femme dans l’exercice de la pêche aux suffrages universels c’est de ne pas l’oublier cette humaine condition : elle est femme d’un homme, aussi et parfois cela passe avant tout ! Sur ce chapitre les hommes ont encore quelques longueurs d’avance puisque, eux, du moins, n’ont pas à faire la femme ! Voyez comme le rival de notre femme politique joue du défaut de sa compagne dans sa campagne : il nous fait le mari de la boulangère, Pomponnet souffrant à cause de Pomponnette ! Sans pour autant oublier de tenir bien haut et bien court ceux en charge de porter très sagement sa parole quand bien même sa dame ne leur agrée point !

       D’où vient cet autre temps qui exhale l’immonde haleine du soupçon général ? Qui fait que Pomponnet s’entiche du Fichier National Automatique des Empreintes Génétiques – FNAEG – au point d’y faire entrer le violeur, le voleur et le faucheur d’OGM, entres autres ? Dont l’ami, Estrosi – ministre de l’Aménagement du Territoire – aurait dit que les citoyens européens seraient mieux protégés « si on prenait leur ADN dès leur naissance » ! Derrière les mines patelines d’un docteur Pomponnet se devine le mystère hideux d’un amour sans faille pour la science camisolante, seule capable d’empêcher un Guy Georges d’aller « jusqu’au bout de ses crimes » ! (Le Parisien, édition de Paris, samedi 20 janvier 2007) Le divin Pomponnet pense sans doute que chacun ici bas est destiné d’une façon infaillible – ADN oblige – et éternellement vraie à être sauvé ou damné ! Espérons qu’il n’ait, lui non plus, occasion d’aller jusqu’au bout, pour lui apprendre à croire à la prédestination !


L’œil - en salles obscures – et combien d’accessibles aux handicapés ?

12h08 à l’est de Bucarest, Roumanie, 2006, comédie dramatique de Corneliu Porumboiu avec Mircea Andreeseu, Teo Corban, Ion Sapdaru… seize après le 22 décembre 1989 y a-t-il eu vraiment la révolution dans cette ville à l’est de Bucarest ? En attendant la réponse, la misère humaine s’étale à nos yeux avec pour seul rempart : l’humour !

Les climats, Turquie, 2005, drame de Nuri Bilge Ceylan avec lui-même, Ebru Ceylan, Nazan Kesal, Semra Yilmaz… une histoire d’amour qui commence par s’achever et qui se poursuit dans la recherche… mais les couleurs, les photographies, les plans sont largement magnifiques et suffisent à palier les hoquets de l’histoire.

 

Signalement de l’œil en salles obscures :

Jean-Baptiste Legouis attire notre attention sur le fait que : Samedi 27 janvier 2007, à 17h30 est diffusé à la cinémathèque un documentaire de Benoît Jacquot qui est une interview de Jacques Lacan : "Jacques Lacan - Psychanalyse 1 et 2" (1974). Cinémathèque : 51 rue de Bercy - salle Georges Franju - 6 € la place.

Il lui semble que ce soit l'une des rares interviews filmées de Jacques Lacan et que cela vaille le détour. Ceux qui voudraient organiser une sortie RPH peuvent le contacter.

 

L’œil – en orpiment : la poésie ne nous laisse jamais tomber !

Alain Rey, A mots découverts, chroniques au fil de l’actualité, Robert Laffont ; chroniques des années 2000 à 2005 où l’auteur revient, à l’occasion de l’actualité, sur le sens des mots.


Les réunions cliniques du RPH

Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.

Chaque mois un membre praticien de l’association présente une situation clinique. La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l’association.

Informations :
J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.

Dates des prochaines réunions :
13.2.07 : Luciana Loïal
13.3.07 : Linda Widad
10.4.07 : Jean-Baptiste Legouis

Le séminaire du RPH

Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le surmoi dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet – 75009 Paris. Il est ouvert aux  médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des situations cliniques à discuter pendant le séminaire.

Informations :
F. de Amorim : 01.47.70.56.02

Dates des prochains séminaires :
Le 27 février 2007
Le 27 mars 2007
Le 24 avril 2007

Les rendez-vous du RPH

Au RPH quatre groupes de lecture  fonctionnent mensuellement sous la houlette de :

Jean-Baptiste Legouis : Sigmund Freud

Le 1er vendredi de chaque mois, à 21 h, 33 rue Jean-Baptiste Pigalle, Paris 9e.

Fernando de Amorim : Jacques Lacan

Le 3e vendredi de chaque mois, à 21 h, 1 rue Lentonnet, Paris 9e.

Laure Baudiment : Psychanalyse et enfants. Le 4e samedi de chaque mois, à 9 h, 35 Ter rue Léon Frot, Paris 11e.

Julien Faugeras : Histoire de l’hystérie

Le 1er lundi de chaque mois, à 21h au CPP-RPH, 33 rue Jean-Baptiste Pigalle, Paris 9e.

 

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