Editorial
« La plainte en médecine et en psychanalyse L’arbre qui cache la forêt ? »
Voici le thème du prochain colloque du RPH qui se déroulera le 12 mai prochain, entre les ponts !
Il semble que cette question de la plainte rencontre des échos au-delà du premier cercle concerné au premier chef de l’énoncé. D’ailleurs, comme à son habitude, le RPH a convié le droit – par le truchement d’un de ses auxiliaires de justice parmi d’autres : l’avocat - pour nous rappeler ce qu’est, en droit, la plainte ….
Plongeons-nous dans le dictionnaire (TLFi) pour tenter d’en cerner ne serait-ce qu’une ébauche et quelle ébauche : « Plainte : (Dr) acte par lequel une personne, qui s’en prétend victime, porte une infraction (à la loi pénale) [le droit pénal est constitué par « l’ensemble des règles de conduite imposées au citoyen sous menace de peine, Encyclop. univ., t.12 1972, p.744.] à la connaissance de la Justice afin de mettre en mouvement l’action publique. » !
D’emblée, la parole du plaignant est bémolée – « s’en prétend » - et contenue à un domaine en particulier – « la loi pénale » - ; c’est beau, on sent que des siècles aux contacts des conflits humains de tout acabit ont contribué à ciseler cette définition.
Quelle différence d’avec les médecins ! Voici ce qu’on trouve à la même entrée : « Plainte : A) expression de la douleur d’un être humain […] B) expression de mécontentement par des paroles et des écrits […] ».
Les médecins, à la différence des hommes de Loi, n’ont pas à être impartial, tout au contraire, ils doivent prendre le parti de la plainte qu’ils choisissent d’entendre. Ces hommes de l’art-là n’ignorent pas qu’ils ont peut-être plus affaire au lard qu’au cochon dans l’un ou l’autre de leurs cas.
Et depuis que les hommes de l’art-ci leur demandent de borner très exhaustivement leurs actes, les plaintes s’entrechoquent ! |
Editorial
Luciana LOÏAL
Le bac en poche, je m’aventure à 7000 km du giron maternel, à moi la liberté, et la capitale alsacienne, aux températures bien plus fraîches que ma Guadeloupe aux couleurs carte postale. Après deux dures années de médecine, le concours échoué, je me résous en 1996 à me lancer dans les études de psychologie. Une douce passion née de mes cours de philosophie de Terminale. Année où je découvrais Freud et ce mystérieux inconscient, en même temps que je m’amourachais secrètement de mon (bien trop vieux) professeur de philosophie.
J’obtins en 2001 le D.E.S.S de psychologie clinique et pathologique à Paris V où je terminai mes deux dernières années d’études. Paris, où je déménageai bien malgré moi, mais encore sous le coup de la passion. Passion qui m’amena à faire un retour sur moi pour en sortir, du moins tenter.
C’est sur cette route que, bien fortuitement, je tombai sur une plaquette du Réseau pour la Psychanalyse à l’Hôpital. C’est ainsi que je rencontrai Fernando de Amorim. Depuis, je suis lancée sur le chemin sinueux et parfois chaotique de la psychanalyse. Quelques années plus tard, je m’accroche encore, contre vents et marées. Depuis l’obtention de mon D.E.S.S, je travaille auprès de personnes migrantes, appartenant à la même communauté que la mienne, au C.A.S.O.D.OM, Paris 1er. Ce sera pour moi le début d’un vrai contact en tant que professionnel avec le terrain, la clinique et le transfert du fait d’une vraie liberté d’exercice.
J’ai conduis, et bien malgré moi à l’époque, mes premières psychothérapies auprès de femmes battues et cassées par la vie. C’est à ces premières patientes que je dois, quelques années plus tard, cet attachement intact au travail analytique.
Je me suis installée en libéral en tant que psychothérapeute en avril 2006. Je poursuis ma route… |