Editorial
Quand le réel engloutit le motif de la plainte
Lorsque le motif de la plainte disparaît sous le chapitre d’un changement d’activité, d’un déménagement, …etc., il nous revient de supporter la responsabilité entière du questionnement angoissant : l’effet boomerang auquel on ne s’attend pas et qui, fatalement, fait mal !
C’est ainsi que certains médecins se retrouvent objet de la plainte judiciaire de leur patient à qui pourtant ils n’ont fait qu’obéir : « Otez cette protubérance qui me fait tant souffrir, docteur ! Qui gâche ma vie depuis des années ! »
C’est ainsi que certaines patientes se trouvent fort dépourvues lorsque la bise glaciale du qui suis-je ne rencontre plus le mur de la plainte et les fouette directement au visage ! Maintenant que je ne suis plus prisonnière de ce lieu d’aliénation par un travail constant et pénible, qui suis-je devenue ? Qu’y suis-je venue faire ?
Le chapelet des demandes s’égrène sans fin et la mise en abîme elle-même, et elle surtout, est intolérable : « Si ce n’est toi, c’est donc ton frère ! » (Jean de la Fontaine, Le loup et l’agneau. Livre I, Fable X). Le surmoi, cet « animal plein de rage » n’aime guère perdre un de ses masques et l’innocent agneau redoute plus que tout ce face à face avec cette « bête cruelle » tapie là, au fond de lui !
Pourtant, il faut bien faire avec la plainte ; mais comment faire avec la plainte lorsque nos outils sont ou bien le bistouri, ou bien la main-courante ou encore l’oreille ? D’évidence, les plaignants ne sont pas les mêmes. N’y aurait-il pas, en ce cas, des plaintes plus fondées que d’autres ? Des plaintes raisonnables, justes, véritables ? Des plaintes ne masquant que la réalité douloureuse d’une lésion, d’un traumatisme, enfin de ces accidents où on n’y serait pour rien ?
Des réponses existent ; pour les connaître, venez au colloque du 12 mai prochain ! |
Un membre du RPH
Linda WIDAD
C’est à deux femmes que je voudrais dédier ma lettre de présentation. A madame Ainouche, mon professeur de philosophie et à ma tante.
Quand j’étais enfant, ma tante m’emmenait avec elle au centre où elle travaillait. Elle était éducatrice auprès des délinquants. Sans vraiment trop comprendre, je voulais faire le même métier qu’elle plus tard, quand je serai grande. Je garde encore une rédaction de ma classe de 5ème, dont le sujet était « quel métier voudrez vous exercer et pourquoi ». J’y racontais déjà que je voulais m’occuper des autres. Puis un livre est venu renforcer cette ambition, « Chien perdu sans collier » de Gilbert Cesbron. Je l’ai déniché dans la bibliothèque que ma mère tenait de façon bénévole. J’ai dévoré ce livre au moins quatre fois. J’ai retenu une phrase, que je trouve toujours aussi belle. C’est le titre d’un des chapitre : Couvres toi mon enfant, j’ai froid. Ce qui serait intéressant c’est que je retrouve ce livre et que je découvre que le titre est très différent.
C’est l’année de philosophie et ma merveilleuse enseignante qui précisent mon désir. Je découvre tous les grands philosophes…et Freud. J’y découvre aussi le plaisir de penser et de débattre. Ma chère madame Ainouche…
Je l’ai cherché, une fois arrivée en France. Une courte correspondance, puis le temps passant, les liens se défont parfois. Quand l’envie de la voir me pris, je découvre, de deux jours trop tard, qu’elle venait d’être enterrée. Mais dans ma peine, j’ai le plaisir égoïste de la savoir près de moi, à 5 minutes de chez moi, au Père Lachaise ! |