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La lettre du RPH

Elle est mensuelle, elle est informative et de libre opinion.
Pour en être destinataire il vous suffit d'en faire la demande à l'adresse suivante : edith.de-amorim@orange.fr



La lettre du RPH


Réseau pour la Psychanalyse à l’Hôpital
Avril 2007 Rédacteur en Chef : Edith de Amorim N° 105

Editorial

Quand le réel engloutit le motif de la plainte

        Lorsque le motif de la plainte disparaît sous le chapitre d’un changement d’activité, d’un déménagement, …etc., il nous revient de supporter la responsabilité entière du questionnement angoissant : l’effet boomerang auquel on ne s’attend pas et qui, fatalement, fait mal !

       C’est ainsi que certains médecins se retrouvent objet de la plainte judiciaire de leur patient à qui pourtant ils n’ont fait qu’obéir : « Otez cette protubérance qui me fait tant souffrir, docteur ! Qui gâche ma vie depuis des années ! »

       C’est ainsi que certaines patientes se trouvent fort dépourvues lorsque la bise glaciale du qui suis-je ne rencontre plus le mur de la plainte et les fouette directement au visage ! Maintenant que je ne suis plus prisonnière de ce lieu d’aliénation par un travail constant et pénible, qui suis-je devenue ? Qu’y suis-je  venue faire ?

       Le chapelet des demandes s’égrène sans fin et la mise en abîme elle-même, et elle surtout, est intolérable : « Si ce n’est toi, c’est donc ton frère ! » (Jean de la Fontaine, Le loup et l’agneau. Livre I, Fable X). Le surmoi, cet « animal plein de rage » n’aime guère perdre un de ses masques et l’innocent agneau redoute plus que tout ce face à face avec cette « bête cruelle » tapie là, au fond de lui !

       Pourtant, il faut bien faire avec la plainte ; mais comment faire avec la plainte lorsque nos outils sont ou bien le bistouri, ou bien la main-courante ou encore l’oreille ? D’évidence, les plaignants ne sont pas les mêmes. N’y aurait-il pas, en ce cas, des plaintes plus fondées que d’autres ? Des plaintes raisonnables, justes, véritables ? Des plaintes ne masquant que la réalité douloureuse d’une lésion, d’un traumatisme, enfin de ces accidents où on n’y serait pour rien ?

       Des réponses existent ; pour les connaître, venez au colloque du 12 mai prochain !

Un membre du RPH

Linda WIDAD

       C’est à deux femmes que je voudrais dédier ma lettre de présentation. A madame Ainouche, mon professeur de philosophie et à ma tante.

 

       Quand j’étais enfant, ma tante m’emmenait avec elle au centre où elle travaillait. Elle était éducatrice auprès des délinquants. Sans vraiment trop comprendre, je voulais faire le même métier qu’elle plus tard, quand je serai grande. Je garde encore une rédaction de ma classe de 5ème, dont le sujet était « quel métier voudrez vous exercer et pourquoi ». J’y racontais déjà que je voulais m’occuper des autres. Puis un livre est venu renforcer cette ambition, « Chien perdu sans collier » de Gilbert Cesbron. Je l’ai déniché dans la bibliothèque que ma mère tenait de façon bénévole. J’ai dévoré ce livre au moins quatre fois. J’ai retenu une phrase, que je trouve toujours aussi belle. C’est le titre d’un des chapitre : Couvres toi mon enfant, j’ai froid. Ce qui serait intéressant c’est que je retrouve ce livre et que je découvre que le titre est très différent.

 

       C’est l’année de philosophie et ma merveilleuse enseignante qui précisent mon désir. Je découvre tous les grands philosophes…et Freud. J’y découvre aussi le plaisir de penser et de débattre. Ma chère madame Ainouche…

 

       Je l’ai cherché, une fois arrivée en France. Une courte correspondance, puis le temps passant, les liens se défont parfois. Quand l’envie de la voir me pris, je découvre, de deux jours trop tard, qu’elle venait d’être enterrée. Mais dans ma peine, j’ai le plaisir égoïste de la savoir près de moi,  à 5 minutes de chez moi, au Père Lachaise !


L’œil - en salles obscures – et combien d’accessibles aux handicapés ?

Alpha dog, film américain, en salle depuis fin mars 2007, de Nick Cassavetes avec Emile Hirsch, Justin Timberlake, Sharon Stone, Bruce Willis, Ben Foster, Anton Yelshin … et beaucoup d’autres magnifiques eux aussi… Pauvres petits fils et petites filles de riches, aurait-on envie de fredonner en sortant du cinéma si on avait le cœur à ça ! Totalement sidérée par cent seize minutes d’un rythme infernal avec des bordées  d’injures à n’en plus finir brodées sur des images de satiétés consuméristes qui soulèvent le cœur, un engrenage démoniaque jusqu’à l’apothéose démoniaque ! Ajoutez à cela une bande-son qui secoue et vous aurez une idée sur votre façon d’aller vous coucher ce soir-là !

Belle toujours, film portugais, français, en salle depuis le 11 avril 2007, de Manoel de Oliveira avec Michel Piccoli, Bulle Ogier, Ricardo Trepa, Leonor Baldaque, Julia Buisel… c’est le film en hommage à Belle de jour de Luis Buñuel ; de Oliveira à 96 ans à travers le personnage de Husson-Piccoli interroge ce feu de l’amour qui passe toujours et encore dans les vieilles veines comme il circulait 30, 40 ans auparavant ! Délicieux.

L’œil – en orpiment : la poésie ne nous laisse jamais tomber !

Un monde vacillant, de Cynthia Ozick, Points (1623), 8 € pour un voyage dans l’espace et le temps fascinant qui donne envie de se frotter à l’anglais (américain)

Le traducteur cleptomane et autres histoires, de Dezsö Kosztolányi : les nouvelles de l’écrivain hongrois sont belles à lire, savoureuses, amères ; écrites en 1933 peu de temps avant sa mort, en 1936. Enfin, un hongrois qui mérite d’être célèbre et célébré en France !


Les réunions cliniques du RPH

Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.

Chaque mois un membre praticien de l’association présente une situation clinique. La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l’association.

Informations :
J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.

Dates des prochaines réunions :
15.5.07 : Jean-Baptiste Legouis
19.6.07 : Edith de Amorim
11.9.07 : Julien Faugeras

Le séminaire du RPH

Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le surmoi dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet – 75009 Paris. Il est ouvert aux  médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des situations cliniques à discuter pendant le séminaire.

Informations :
F. de Amorim : 01.47.70.56.02

Dates des prochains séminaires :
Le 22 mai 2007
Le 26 juin 2007
Le 25 septembre 2007

Les rendez-vous du RPH

Groupe de lecture des œuvres de Jacques Lacan, le troisième vendredi de chaque mois au 1 rue Lentonnet – 75009 Paris, de 21h à 22h30, animé par Fernando de Amorim.
Groupes de lecture des œuvres de Sigmund Freud se réunissant mensuellement au siège du RPH – 33, rue Pigalle – 75009 Paris, de 21h à 22h30 :

Le premier vendredi, animé par Jean-Baptiste Legouis

le deuxième lundi, animé par Julien Faugeras

le troisième mardi, animé par Edith de Amorim

Un groupe de lecture « psychanalyse d’enfants » se met en place, animé par Laure Baudiment ; premier auteur étudié : Mélanie Klein.

 

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