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La lettre du RPH

Elle est mensuelle, elle est informative et de libre opinion.
Pour en être destinataire il vous suffit d'en faire la demande à l'adresse suivante : edith.de-amorim@orange.fr



La lettre du RPH


Réseau pour la Psychanalyse à l’Hôpital

 

Mai 2007

Rédacteur en Chef : Edith de Amorim N° 106

Editorial

Que va faire l’Académie française ?

       C’est un lointain débat qui trouvera, peut-être,  lundi 7 mai – et pour la première fois avec une telle acuité – les feux de la plus brûlante des actualités : dira-t-on Madame le Président ou bien Madame la Présidente, s’il s’avérait qu’on soit placé, dès lundi, face à une telle alternative ? Sommes-nous en passe d’en finir avec les circonlocutions ?

       Dans le camp du Madame le Président : l’Académie française qui, dans sa déclaration du 14 juin 1984, écrivait : « ... le genre dit couramment « féminin » est le genre marqué ou intensif. Or, la marque est privative. Elle affecte le terme marqué d’une limitation dont l’autre est exempt. » Et dont, en octobre 1998, la Commission générale de terminologie et de néologie rendait son rapport sur la question en concluant : « […] La valeur générique du masculin à ses raisons linguistiques. Le principe de neutralité des fonctions, titres et grades à ses raisons juridiques et politiques. […] ».

       Dans le camp de Madame la Présidente, on trouve – entre autres – Anne-Marie Houdebine-Gravaud, linguiste, auteure d’un article « Trente ans de recherche sur la différence sexuelle ou le langage des femmes et la sexuation dans la langue, les discours, les images » (Langage et société n° 106 – décembre 2003) : « Je me suis intéressée à la façon dont les langues désignent les femmes, les occultent (les masquent comme en français avec le masculin) […] » (p. 42) Ses intérêts scientifiques la portent vers « […] la féminisation des noms de métiers pour faire apparaître les femmes comme citoyennes, agissant dans la socialité et pas uniquement dans la sphère familiale […] » (p. 42) Plus loin : « Des formes féminines, attestées ou dérivables peuvent donc être produites, conformes aux textes juridiques […] (p. 54).

       Ainsi, mine de rien, après ce dimanche qui vient, pourrait s’ouvrir une nouvelle aire de représentation d’une possible femme qui n’existe pas de moins en moins ?

Un membre du RPH

Julien FAUGERAS

       Un jour, âgé d’une dizaine d’années, je rentrai de chez ma grand-mère paternelle en voiture avec mes parents. J’entendis alors parler, pour la première fois, du métier de psychanalyste en ces termes : « C’est un monsieur qui écoute les gens et qui a un beau bureau ; il ne travaille pas pour un patron… »

       Je me suis dis alors que ça devait être plutôt agréable de gagner sa vie en écoutant les gens, pensant alors simplement que le psychanalyste était en quelque sorte payé à ne rien faire. Cette opinion qui circule d’ailleurs, dit en passant, dans de nombreux foyers…

       Depuis, la psychanalyse est au cœur de ma vie. J’ai actuellement 26 ans, j’habite à Paris et j’aurai bientôt le diplôme de psychologue. En plus de cette passion, j’aime beaucoup le cinéma qui est l’art dans lequel je suis bercé depuis ma plus tendre enfance.

       J’ai commencé à recevoir des patients dans le cadre de la consultation publique de psychanalyse du RPH, il y a maintenant six mois, et je dois dire que cette expérience est certainement la plus enrichissante pour ma formation. Cela a confirmé mon désir de devenir psychanalyste tout en me faisant prendre conscience que si cette vocation est magnifique, elle n’en demeure pas moins très exigeante quant à l’éthique qu’elle suppose.

       Pour conclure cette brève présentation, je tiens à remercier les membres du RPH pour la confiance qu’ils me portent, pour le soutien qu’ils m’apportent et pour les portes qu’ils ouvrent tous les jours en se battant pour ce diamant que nous a légué Freud il y a maintenant plus d’un siècle.


L’œil - en salles obscures dont certaines accessibles !

La vie des autres (Das Leben der Anderen), drame allemand de Florian Henckel von Donnersmarck, avec Sebastian Koch, Martina Gedeck, Ulrich Mühe… C’est la navrante histoire du régime est-allemand, soupçonneux et malade, payant des fonctionnaires à espionner, écouter, interroger, débusquer, démasquer, éradiquer ceux qui clochent ; trois personnages classiques : un bon, une brute, une traîtresse ! La brute, Hauptmann Gerd Wiesler – interprété magistralement par Ulrich Mühe – est touchée en plein cœur alors qu’il épie le couple d’intellectuels ! L’acteur apporte par son interprétation stupéfiante de nuances toute la crédibilité au personnage qui se divise sous nos yeux. Ne pas traîner pour le voir, ce film est sorti depuis le 31 janvier !

L’œil en blanc et or poudrés : la poésie ne nous laisse jamais tomber !

Œuvres poétiques, Fernando Pessoa, Bibliothèque de la Pléiade :
Alberto Caeiro Poèmes non assemblés (p. 69) :

L’enfant qui pense aux fées et croit aux fées 
Agit comme un dieu malade, mais comme un dieu.
Car bien qu’il affirme qu’existe ce qui n’existe pas, 
Il sait bien la façon dont les choses existent, à savoir : en existant,
Il sait bien qu’exister existe et ne s’explique pas,
Il sait bien qu’il n’y a pas de raison que rien n’existe,
Il sait bien qu’être c’est se trouer en un point.
Ce qu’il ne sait pas, c’est que la pensée n’est pas un point quelconque.


Les réunions cliniques du RPH

Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.

Chaque mois un membre praticien de l’association présente une situation clinique.

La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l’association.

Informations :
J.-B. Legouis 06 11 89 51 81.

Date de la prochaine réunion :
15.5.07 : Laure Baudiment
12.6.07 : Edith de Amorim
11.9.07 : Julien Faugeras

L’Assemblée Générale du RPH

Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème l’identification en médecine et psychanalyse. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21 h à 22 h 30 au 1, rue Lentonnet 75009 Paris. Il est ouvert aux  médecins, étudiants et psychothérapeutes qui pourront apporter des situations cliniques à discuter pendant le séminaire.

Informations :
Lilia Nabaïs : 01.39.47.71.53

Date du prochain séminaire :
Le 22 mai 2007
Le 26 juin 2007
Le 25 septembre 2007

Les colloques du RPH

 Le prochain colloque aura pour thème :

La plainte en médecine et
en psychanalyse
L’arbre qui cache la forêt ?

« Pourtant il ne doit pas non plus se perdre dans les labyrinthes de la plainte. S’il entre dans le circuit de la plainte il perdra l’essence de son acte et de ce qui l’installe et le légitimise en tant que psychanalyste, à savoir, le déchiffrage du signifiant. » (extrait de l’intervention de F. de Amorim)

Samedi 12 mai 2007
De 8 h 30 à 16 h 00

Au musée des moulages
de l’hôpital Saint-Louis
Inscriptions 50 €
20 € pour les membres de l’association
10 € pour les étudiants, les chômeurs et les membres d’associations de malades.

 

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