Editorial
Que va faire l’Académie française ?
C’est un lointain débat qui trouvera, peut-être, lundi 7 mai – et pour la première fois avec une telle acuité – les feux de la plus brûlante des actualités : dira-t-on Madame le Président ou bien Madame la Présidente, s’il s’avérait qu’on soit placé, dès lundi, face à une telle alternative ? Sommes-nous en passe d’en finir avec les circonlocutions ?
Dans le camp du Madame le Président : l’Académie française qui, dans sa déclaration du 14 juin 1984, écrivait : « ... le genre dit couramment « féminin » est le genre marqué ou intensif. Or, la marque est privative. Elle affecte le terme marqué d’une limitation dont l’autre est exempt. » Et dont, en octobre 1998, la Commission générale de terminologie et de néologie rendait son rapport sur la question en concluant : « […] La valeur générique du masculin à ses raisons linguistiques. Le principe de neutralité des fonctions, titres et grades à ses raisons juridiques et politiques. […] ».
Dans le camp de Madame la Présidente, on trouve – entre autres – Anne-Marie Houdebine-Gravaud, linguiste, auteure d’un article « Trente ans de recherche sur la différence sexuelle ou le langage des femmes et la sexuation dans la langue, les discours, les images » (Langage et société n° 106 – décembre 2003) : « Je me suis intéressée à la façon dont les langues désignent les femmes, les occultent (les masquent comme en français avec le masculin) […] » (p. 42) Ses intérêts scientifiques la portent vers « […] la féminisation des noms de métiers pour faire apparaître les femmes comme citoyennes, agissant dans la socialité et pas uniquement dans la sphère familiale […] » (p. 42) Plus loin : « Des formes féminines, attestées ou dérivables peuvent donc être produites, conformes aux textes juridiques […] (p. 54).
Ainsi, mine de rien, après ce dimanche qui vient, pourrait s’ouvrir une nouvelle aire de représentation d’une possible femme qui n’existe pas de moins en moins ? |
Un membre du RPH
Julien FAUGERAS
Un jour, âgé d’une dizaine d’années, je rentrai de chez ma grand-mère paternelle en voiture avec mes parents. J’entendis alors parler, pour la première fois, du métier de psychanalyste en ces termes : « C’est un monsieur qui écoute les gens et qui a un beau bureau ; il ne travaille pas pour un patron… »
Je me suis dis alors que ça devait être plutôt agréable de gagner sa vie en écoutant les gens, pensant alors simplement que le psychanalyste était en quelque sorte payé à ne rien faire. Cette opinion qui circule d’ailleurs, dit en passant, dans de nombreux foyers…
Depuis, la psychanalyse est au cœur de ma vie. J’ai actuellement 26 ans, j’habite à Paris et j’aurai bientôt le diplôme de psychologue. En plus de cette passion, j’aime beaucoup le cinéma qui est l’art dans lequel je suis bercé depuis ma plus tendre enfance.
J’ai commencé à recevoir des patients dans le cadre de la consultation publique de psychanalyse du RPH, il y a maintenant six mois, et je dois dire que cette expérience est certainement la plus enrichissante pour ma formation. Cela a confirmé mon désir de devenir psychanalyste tout en me faisant prendre conscience que si cette vocation est magnifique, elle n’en demeure pas moins très exigeante quant à l’éthique qu’elle suppose.
Pour conclure cette brève présentation, je tiens à remercier les membres du RPH pour la confiance qu’ils me portent, pour le soutien qu’ils m’apportent et pour les portes qu’ils ouvrent tous les jours en se battant pour ce diamant que nous a légué Freud il y a maintenant plus d’un siècle. |