Editorial
Gender toujours !
Toujours : dans l’approche de ce concept mouvant, flou et vaste touchant au genre, au sexe et au linge sale !
Toujours est-il qu’on sent tout à fait l’odeur du trouble quand on s’approche du champ sémantique de gender et qu’on tente de le traverser, tout au moins d’une part en part !
Car le gender nous mène au mélange des genres, un mélange atypique qui n’ouvre pas sur une création – comme avec les couleurs – mais qui semble plutôt engloutir l’un au profit de l’autre ! Le mélange des genres pour n’en faire plus qu’un, devinez lequel !
On est en droit de se demander si « gender » (ou « genre ») ne recouvre pas la même acception que le « fait-pipi » pour le petit Hans, soit le « caractère essentiel pour différencier le vivant de l’inanimé. » ? (S. Freud, « Cinq psychanalyses, Le petit Hans », p. 96, PUF)
Le gender comme « critère indispensable du vivant » (S. Freud, « Cinq psychanalyses, Le petit Hans », p. 98, note 3, PUF) ; critère indispensable mais surtout suffisant à distinguer l’animé d’avec l’inanimé, quitte à faire de l’Homme l’égal du gorille (surtout celui qui a un dos argenté et qui fait peur !) pourvu qu’on n’ait plus rien à voir avec la différence sexuelle !
Le gender comme conviction intime que le trou ça fait « pschiiiiit », c’est creux, ce n’est plus pertinent, c’est juste que « Le fait-pipi est encore très petit ! » (S. Freud, « Cinq psychanalyses, Le petit Hans », p. 98, note 3, PUF). Il ne saurait ne pas y être, il va advenir, c’est sûr !
Le gender ou la certitude que ça ne peut pas manquer, la croyance en un meilleur des mondes unitaire, identiquaire ! Sans perte ! Sans peur et sans reproche ! |
Approches du prochain colloque du 24 novembre 2007
Résumé de ce qui précède : Le gender : la nouvelle utopie ?
Une utopie ? Ca semble difficile à soutenir tant le mot produit des effets dans le réel. Les chirurgiens en savent quelque chose, qu’ils voudront bien nous dire lors de ce prochain colloque.
Mais utopie tout de même puisque du réel elle fait table rase ! D’un revers d’idées, « tous pareils, tous égaux » on verse dans le paritarisme, l’irénisme, l’universel, l’unisexe ; on balaye ce passé sexué et trivial, compliqué à l’extrême, qui ne sert qu’à brouiller les pistes, La piste, la seule qui vaille, celle qui est toute droite, toute tracée, l’alerte voie rapide qui mène droit dans le mur de l’asexué !
Gender ou l’illusion, la duperie qui ne se cache plus, qui ne rougie plus d’en être une ? Ainsi, prenez Mademoiselle Yelle, bretonne chanteuse électro-pop, auteure de la chanson « Je veux te voir » lancée par sur le www ; voici le portrait qu’en livre Cécile Daumas pour Libération du jeudi 20 septembre 07 : « Précédée de la rumeur de la fille qui en a (…) ‘Je trouvais drôle qu’une fille réponde aux rappeurs sur le même ton. (…) Je suis devenue fille-fille sur le tard.’ » (Libération, jeudi 20 septembre 07, Portrait). Choisir le mode d’expression du rap comme moyen d’expression de sa féminité… c’est penser qu’on démontre qu’on a un « fait-pipi » aussi grand que le leur !
Gender : mot posé sur le tourment du genre humain parvenu à un tournant critique du fait du progrès de ces techniques (dites) médicales : « S’il vous plaît, docteur, on veut un garçon. » (tant qu’à faire, et puisqu’on est pareil, autant prendre le service complet !). Peut-être une des raisons qui fait que la République Populaire de Chine et l’Inde, aujourd’hui, se retrouvent avec un déficit de naissances de filles ? « Un pour tous et tous pour un ! ». Le manteau taillé dans l’étoffe égalitaro-paritaire l’est aux mesures du sujet de droits et non du sujet tout court ! |