A A A | Recommander ce site | imprimer la page | nous contacter
La lettre du RPH

Elle est mensuelle, elle est informative et de libre opinion.
Pour en être destinataire il vous suffit d'en faire la demande à l'adresse suivante : edith.de-amorim@orange.fr



La lettre du RPH


Réseau pour la Psychanalyse à l’Hôpital
Janvier 2008 Rédacteur en Chef : Edith de Amorim N° 111

Editorial

      D’un moment calamiteux du temps …

        Voici revenu le moment devenu verbeux, cérémonieux, oiseux, ennuyeux des vœux ! Le calamiteux moment de la parole creuse, vide, psalmodiée ! entraînant à sa suite la piteuse et souffreteuse ribambelle adverbiale, nous laissant la bouche pâteuse, adipeuse !

        C’est à se demander si ces vœux, désormais pieux, furent jamais autre chose qu’un hypocrite salamalec. Mais alors refait surface la lecture plus ou moins ancienne de Totem et Tabou de Sigmund Freud et un doute s’insinue dans la critique féroce de cette tradition votive :

        Comment ne pas se saisir de cette occasion largement reconnue de faire montre de ce peu d’amour, de commisération, de piété, de générosité, d’attendrissement à l’égard de l’Autre et penser ainsi pouvoir équilibrer un bilan au passif tout à coup moins lourd…

       Après et avant qu’on soit réduit en charpie, en moins que rien, avant et après qu’on se réduise à cette chose pitoyable et acrimonieuse, voilà du bon vœu à pleines bouches, à bouches-que-veux-tu, à qui-mieux-mieux ! 

        Songeons un instant à tous ces « Meilleurs vœux ! » menteux qui signent l’ambivalence de l’humaine condition et nous permettent d’éviter « la colère des démons » (S. Freud, Totem et tabou, p. 46, Petite Bibliothèque Payot) ; ces démons intérieurs nourris du peu ragoûtant salmigondis des passions, des pulsions, des haines et autres outrepassements !

        Cette opération de délestage psychique ne mérite-t-elle pas mieux que ce piteux, caoutchouteux cérémonial des vœux ? Certainement, mais quels mots, quelles formules, pour habiller, camouflet, travestir les éternelles indifférences ou réjouissances aux malheurs des autres, les sempiternelles réprobations, accusations, dépréciations ?



… A « bon pour bonne année » !  

Un matin du tout début janvier, sur la porte de la consultation publique de psychanalyse – sise 33 rue Jean-Baptiste Pigalle dans le 9e arrondissement de Paris – un petit bout de papier quadrillé d’un cahier d’écolier grossièrement découpé à main levée et retenu par un méchant morceau de ruban adhésif, sur lequel à l’encre noire d’une écriture d’écolier encore un chouia incertaine j’ai pu lire : « bon pour bonne année » et, telle Hélène, je m’y suis arrêtée et y ai trouvé le vœu d’un roi, d’un prince, d’un puissant significateur et, « …moi, je l’ai gardé. »! (Georges Brassens, Les sabots d’Hélène).

       Mieux ! Je le partage avec ceux – parmi les lecteurs – qui pourront se donner la peine de recueillir à deux mains, à poignée, à brassée, à corps et à cri, ce vœu d’un enfant en âge de savoir écrire et dire !

        Ce bon, je l’épingle au revers de cette lettre, en vous souhaitant d’en faire usage dès maintenant, sage ou immodéré, comme il siéra, mais jusqu’à glisser vers une coutume plus incarnée, qui sache aussi de cet Amour.

         Ce mot très doux, tenu par du rudimentaire à la porte d’entrée, posé sur du plus rudimentaire encore, recèle le vœu le plus gracieux, le plus velouteux, soyeux, savoureux, facétieux et merveilleux qu’il m’ait été donné de recevoir : tu veux une bonne année ? Prend-là, elle est là, à toi, pour toi, fais-en quelque chose, ce que tu voudras qui t’iras bien !

        Voilà un vœu débarrassé de ces chichiteuses ambages qui nous renvoie avec délicatesse à ce che vuoi ? fameux !

 

        Bon pour bonne année !


L’œil - en salles obscures – et combien d’accessibles aux handicapés ?

La fête du feu, iranien, 2006, drame, de Ashgar Farhadi, avec Hedieh Tehrani, Taraneh Alidousti, Hamid Farokhnezhad, Paulea Bahram : le nouvel an en Iran, en fait la fête se nomme « Chahar shanbeh souri », et remonte à plusieurs milliers d’années, une jeune fille devant très bientôt se marier à un jeune homme – aussi pauvres l’un que l’autre et très amoureux l’un de l’autre – se rend pour son travail dans un foyer mal mené par les démons de la jalousie et de la trahison ! Elle retrouvera – très tard dans la nuit glaciale – son amoureux l’attendant, transi, au point de rendez-vous habituel malgré son retard… Pour la langue, les femmes, l’Iran très loin de l’image qu’on peut se faire de la République Islamique d’Iran, de Mahmoud Ahmadinejad et de l’amour tchadoré…

Je suis un cyborg, sud coréen, 2007, comédie dramatique, de Park Cham-wook, avec Lim Soo-Jung, Jung Hi-Hoon, Choi Hee-Jin, Joo Hee… Histoire d’une folie, d’un délire, la preuve que l’Homme n’est pas un animal ; la poésie en dernier grain de sable pour résister à la virtualité réfrigérée qui enserre le citoyen … sud coréen !

L’œil – en orpiment : la poésie ne nous laisse jamais tomber !
Paul Eluard (1895-1952)

Toi la seule

Toi la seule et j’entends les herbes de ton rire
Les oiseaux ne sont plus un abri suffisant
Toi c’est la tête qui t’enlève
Ni la paresse ni la fatigue
Et du haut des dangers de mort
Le souvenir des bois et des ruisseaux fragiles
Sur les globes brouillés de pluie des vallées
Au matin des caprices
Sous la lumière lourde sous le ciel de la terre
Au matin des caresses visibles
Tu enfantes la chute.
Au grand matin de l’absence la chute.
Les barques de tes yeux s’égarent
Dans la dentelle des disparitions
Le gouffre est dévoilé aux autres de l’éteindre
Les ombres que tu crées n’ont pas droit à la nuit.


Les réunions cliniques du RPH

Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.

Chaque mois un membre praticien de l’association présente une situation clinique. La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l’association.

Informations :
J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.

Dates des prochaines réunions :
08.01.08 : J.-B. Legouis
12.02.08 : L. Baudiment
11.03.08 : J. Faugeras

Le séminaire du RPH

Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le surmoi dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet – 75009 Paris. Il est ouvert aux  médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des situations cliniques à discuter pendant le séminaire.

Informations :
F. de Amorim : 01.47.70.56.02

Dates des prochains séminaires :
22 janvier 2008
26 février 2008

Les rendez-vous du RPH

Groupe de lecture des œuvres de Jacques Lacan, le troisième vendredi de chaque mois au 1 rue Lentonnet – 75009 Paris, de 21h à 22h30, animé par Fernando de Amorim.
Groupes de lecture des œuvres de Sigmund Freud se réunissant mensuellement au siège du RPH – 33, rue Pigalle – 75009 Paris, de 21h à 22h30 :

Le premier vendredi, animé par Jean-Baptiste Legouis

le deuxième lundi, animé par Julien Faugeras

le troisième mardi, animé par Edith de Amorim

Un groupe de lecture « psychanalyse d’enfants » se met en place, animé par Laure Baudiment ; premier auteur étudié : Mélanie Klein.

 

Archives 2008

Lettre de 2008

Lettre N°118
Lettre N°117
Lettre N°116
Lettre N°115
Lettre N°114
Lettre N°113
Lettre N°112
Lettre N°111

Lettre de 2007

Lettre N°110
Lettre N°109
Lettre N°108
Lettre N°107
Lettre N°106
Lettre N°105
Lettre N°104
Lettre N°103

Lettre de 2006

Lettre N°102
Lettre N°100
Lettre N°99
Lettre N°98
Lettre N°97
Lettre N°96
Lettre N°95
Lettre N°94
Lettre N°93

Lettre de 2005

Lettre N°91
Lettre N°90
Lettre N°89
Lettre N°88
Lettre N°87
Lettre N°86
Lettre N°85


RPH - Réseau pour la Psychanalyse à l'Hôpital
Association Loi 1901 - Siège Social : 33 Rue Jean-Baptiste Pigalle - 75009 PARIS
Tél. 01.45.26.81.30 - Courriel : contact@rphweb.net

Valid XHTML 1.0 TransitionalSite réalisé par François CERRET - Studio Ancalime
Optimisé 1024x768 pour Internet Explorer 7, Firefox 2 et Safari 3