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La lettre du RPH

Elle est mensuelle, elle est informative et de libre opinion.
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La lettre du RPH


Réseau pour la Psychanalyse à l’Hôpital
Février 2008 Rédacteur en Chef : Edith de Amorim N° 112

Editorial

     Chroniques des guerres lasses

       Ainsi, le 5 avril prochain, le RPH débattra du syndrome de fatigue chronique ! Bien entendu, rendez-vous vous est donné au musée des moulages de l’hôpital Saint-Louis, matutinalement comme il a été jusqu’ici d’usage !

        Il s’agira d’échanger sur une fatigue bien établie et qui dure… ! Ou, plus exactement, sur l’ensemble des symptômes dont se constitue cette fatigue ancienne qui perdure… Mais, en quoi la fatigue ne serait-elle pas chronique puisque de toute éternité le sommeil auquel on s’adonne chaque soir – en règle générale – est réparateur d’une fatigue née de l’activité d’une journée remplie, plus ou moins, et puisque même en vacances, en repos, en stand by, en relâche, en week-end, en pause, en congé,  l’Homme a à dormir !?

        Revenons-en aux moutons de ce mot le plus important de ce nom, la « fatigue » : une première définition nous entraîne dans le domaine de la physiologie et nous parle d’une « diminution des forces de l’organisme généralement provoquée par un travail excessif ou trop prolongé ou lié à un état fonctionnel défectueux. » (http://atilf.atilf.fr) Rien là de quoi fouetter un chat !

       Très vite par métonymie on accède à des constructions telles que « cheval de fatigue », « habit de fatigue » et « homme de fatigue » pour ce qui est de réserver le gros du gros travail. Mais, là encore, rien qui ne vaille l’extraordinaire à la chronicité d’une telle fatigue ?

        L’analogie, peut-être, nous permettra de percer ce qu’il y a de médical dans cette perduration d’un état physiologique au demeurant normal (quand on bosse fort on s’fatigue !!) ; l’analogie propose d’éclairer la fatigue en ces termes : « moindre résistance (d’une chose) due à une trop longue ou trop violente utilisation et pouvant aller jusqu’à empêcher son fonctionnement normal. » (http://atilf.atilf.fr).

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        En technologie on parle même d’un essai de fatigue, autrement appelé aussi essai d’endurance. C’est juste qu’il semble n’être question que de chose…et non pas d’Homme.

        C’est maintenant qu’on en arrive au Figuré : « Découragement, disparition de l’envie de poursuivre ce qui a été entrepris. » Y serions-nous ? On ne peut être étonné outre mesure d’atteindre là à un palier un tantinet plus engageant, plus prometteur, un filon sensifère en quelque sorte !

        Reste encore « syndrome » : qu’en faire ? Qu’est-ce ? Quels faisceaux de symptômes se regrouperaient derrière ce découragement, cette disparition ? Est-ce si sûr qu’il faille un « ensemble », un « groupement » ? Peut-être ne s’agit-il là que d’un syndrome chinois, celui-là même qui propose la fusion des produits sans conduire à l’explosion ? Un syndrome chinois de fatigue chronique en quelque sorte !?

        Mais il reste encore à comprendre comment « chronique » selon qu’il est nom commun ou adjectif verse dans le rappel de faits passés ou dans la condamnation à perpétuité !

        La médecine, comme la psychanalyse, serait-elle confrontée à ce passé qui ne passe jamais véritablement ? Comme la psychanalyse, elle chronique ce qui dure car si dur à avaler, tellement dur que ça la défraye, la chronique !

        Colette parlait de ses chroniquettes mais elle était poète ! Cependant, cette fatigue chronique qui, à première vue, à première ouïe, fait si peu sérieuse, semble bien avoir à voir avec le si menu, l’infiniment quotidien, l’indiciblement congru qui ont brisé, lassé, éreinté, fourbu, exténué, épuisé, crevé, harassé… En ces sens si infimes, oui, les  chroniquettes à la Colette s’imposent ; laissons les grands remèdes aux grands maux qui plastronnent en une des journaux ; à ce syndrome de fatigue chronique imposons-lui la poésie aussi !


L’œil - en salles obscures – et combien d’accessibles aux handicapés ?

L’ile, russe, 2006, drame, de Pavel Lounguine, avec Iouri Kouznetsov, Dimitri Dioujev, Viktor Soukhoroukov, Piotr Mamonov… Un monastère orthodoxe. Une île du nord de la Russie. L’hiver. Un bout d’histoire de la seconde guerre mondiale. Un vieux prêtre provocateur qui parle d’amour… La neige qui crisse. L’hiver. Le paysage. Je ne sais pourquoi Pavel Lounguine fait d’un vieux monsieur torturé par les remords un moine exorciste mais ça reste magnifique ! On n’est pas toujours obligé de savoir pourquoi on a aimé, ou pourquoi on aime !

Train de nuit, chinois, 2007, drame, de Diao Yi Nan, avec Dan Liu, Dao Qi… C’est chinois et ça sonne comme du Nougaro : c’est la vie à l’envers du décor du soi-disant miracle économique chinois ! De la soi-disant admirable rapidité de la justice chinoise ! C’est du cinéma, du néo-réalisme, et ça fait la nique à l’histoire racontée par nos pères-mères-lois économistes qui n’ont d’yeux que pour les miracles !

L’œil – en orpiment : la poésie ne nous laisse jamais tomber !

La coccinelle

 

Une coccinelle s’est posée sur ma main

Rompt la monotonie de mon chagrin

Capucine délicate immobile sur mon doigt

Quel vent zéphyrien t’a poussée jusqu’à moi

Petit polichinelle de bon augure

Aux ailes frémissantes sous l’azur

Effleure l’essence de la pensée

Sous le regard juvénile retrouvé

Rubis à pois, amie du bonheur

Sous ta frêle ombelle tambourine mon cœur

Où les ombres voilées se sont dissipées

Rien n’est petit ni muet

 


Les réunions cliniques du RPH

Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.

Chaque mois un membre praticien de l’association présente une situation clinique. La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l’association.

Informations :
J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.

Dates des prochaines réunions :
12.02.08 : L. Baudiment
11.03.08 : J. Faugeras
08.04.08 : E. de Amorim

Le séminaire du RPH

Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le surmoi dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet – 75009 Paris. Il est ouvert aux  médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des situations cliniques à discuter pendant le séminaire.

Informations :
F. de Amorim : 01.47.70.56.02

Dates des prochains séminaires :
26 février 2008
25 mars 2008

Les rendez-vous du RPH

Groupe de lecture des œuvres de Jacques Lacan, le troisième vendredi de chaque mois au 1 rue Lentonnet – 75009 Paris, de 21h à 22h30, animé par Fernando de Amorim.
Groupes de lecture des œuvres de Sigmund Freud se réunissant mensuellement au siège du RPH – 33, rue Pigalle – 75009 Paris, de 21h à 22h30 :

Le premier vendredi, animé par Jean-Baptiste Legouis

le deuxième lundi, animé par Julien Faugeras

le troisième mardi, animé par Edith de Amorim

Un groupe de lecture « psychanalyse d’enfants » se met en place, animé par Laure Baudiment ; premier auteur étudié : Mélanie Klein.

 

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