Editorial
SFC : rendez-vous du RPH
Sont passées à la tribune, ce samedi 5 avril 2008, deux représentantes d’associations de malades, elles-mêmes malades ou ex-malades : Madame Françoise Becavin et Madame Nicole Sellès. Qu’avons-nous appris de leurs interventions ? En tout premier lieu, que le nom actuel de cette maladie – qui est la traduction littérale de l’anglais Chronic Fatigue Syndrôme – ne rend pas du tout compte de l’état principal qui accable celles et ceux qui en sont atteints, à savoir l’épuisement. Alors que l’incompréhension de l’entourage de ces patients fait partie des causes premières – après celles organiques – de leur souffrance, il est évident que le nom même de cette maladie ne prête guère à la prendre au sérieux : « Fatigue ??? Chronique ? C’est quoi cette affaire ? », tant le mot « fatigue » en français est employé à toutes les sauces sémantiques et parmi les plus fadasses, entendre les plus quelconques !
Car, après les symptômes qui sidèrent ces malades et réduisent leurs mouvements à de simples allers-retours « du fauteuil au lit et du lit au fauteuil » (Françoise Becavin) (et non pas comme dans la chanson de Brel « Et puis du lit au lit » (Les vieux) et c’est heureux !), ils ont à essuyer les regards sceptiques, pour ne pas dire goguenards, de leur entourage si ce n’est de leur médecin ! A noter que ces derniers sont de plus en plus réceptifs et attentifs aux plaintes diffuses qui leur sont adressées. D’ailleurs, la première chose que demandent ces malades particuliers à leur entourage « qui ne peut rien… » c’est de « juste me croire… » (Françoise Becavin). Nicole Sellès, elle, nous apprendra que ce syndrome n’a absolument « rien à voir avec une dépression. »
Le Syndrome de fatigue chronique semble bien être également une question qui ait trait au savoir/ pas savoir : Françoise Becavin parlera du soulagement « …quand on sait de quoi on souffre… » et Nicole Sellès, elle, de ses premiers pas dans la maladie en ces termes : « Arriver comme tout malade, comme si je ne savais rien. » La seule chose qui soit sue c’est que i) à l’intérieur on souffre et que ii) l’extérieur en doute ! |
… Suite !
Le professeur Hugues Rousset de Lyon, quant à lui, nous parlera à propos de ce syndrome de « Tâche aveugle de la médecine. » ; il réfutera toute comparaison avec un état dépressif et énumérera toutes les pistes pouvant conduire à ce qui pourra être considéré comme « élément déclencheur » mais n’exclura jamais de la thérapeutique de ces malades l’abord psychologique ; lors de la discussion, le professeur parlera de la maladie « d’être au monde ». Pour l’intervention du Dr Rousset, je renvoie les lecteurs à la Revue de psychanalyse et clinique médicale n° 22 qui publiera les actes du colloque in extenso.
Les médecins qui interviendront – Taïeb, Tarragano, Ruiz, Bolliet-Renaud, Eychenne – tout au long de la journée n’auront de cesse de nous faire toucher du doigt le sérieux de leur prise en compte de ce syndrome – exhaustivité des examens et analyses – n’aboutissant qu’à l’échec de leur thérapeutique. L’un d’entre eux, le docteur Ruiz dira : « Je sèche ! » Face à de tels malades, les médecins sont pris en tenailles entre leurs craintes de laisser échapper tel ou tel aspect d’organicité et leur abattement d’être sans remède !
Au cours de cette journée, il y eut l’intervention sémillante de David Tessier, ostéopathe de son état qui nous parla de la structure de la fatigue, de la difficulté à la localiser et aussi du vide ! Du vide du monde quantique et des mouvements vibratoires, de E=MC², d’énergie et de la fatigue née de la perte de mouvement !
Il y eut aussi la participation de Françoise Rosenblatt au nom de l’association Enfance & Partage qui provoqua un léger flottement dans l’assistance : que venait-elle faire là ? Ignorait-elle qu’on y parlait, là, de fatigue chronique, une chose sérieuse, d’adultes ? Non, elle ne l’ignorait pas, mais elle nous amena sur un versant tout à fait insolite de la fatigue, du moins tel que le cours de la journée ne nous l’avait pas même laissé sous-entendre : elle nous parla de cette fatigue des nouveaux parents, malmenés par les pleurs des nouveau-nés, les enjeux, les nécessaires aménagements à faire face à une toute nouvelle vie. Elle parla, elle aussi, des cercles infernaux liés pour le pire de la fatigue et du non-savoir. « C’est vous qui savez ! » répète-t-elle aux jeunes mères épuisées. Cet enchâssement de la fatigue et du non-savoir met en péril l’autre, l’enfant, le bébé. |
SFC suite …/…
Sont passées à la tribune, ce samedi 5 avril 2008, deux représentantes d’associations de malades, elles-mêmes malades ou ex-malades : Madame Françoise Becavin et Madame Nicole Sellès. Qu’avons-nous appris de leurs interventions ? En tout premier lieu, que le nom actuel de cette maladie – qui est la traduction littérale de l’anglais Chronic Fatigue Syndrôme – ne rend pas du tout compte de l’état principal qui accable celles et ceux qui en sont atteints, à savoir l’épuisement. Alors que l’incompréhension de l’entourage de ces patients fait partie des causes premières – après celles organiques – de leur souffrance, il est évident que le nom même de cette maladie ne prête guère à la prendre au sérieux : « Fatigue ??? Chronique ? C’est quoi cette affaire ? », tant le mot « fatigue » en français est employé à toutes les sauces sémantiques et parmi les plus fadasses, entendre les plus quelconques !
Car, après les symptômes qui sidèrent ces malades et réduisent leurs mouvements à de simples allers-retours « du fauteuil au lit et du lit au fauteuil » (Françoise Becavin) (et non pas comme dans la chanson de Brel « Et puis du lit au lit » (Les vieux) et c’est heureux !), ils ont à essuyer les regards sceptiques, pour ne pas dire goguenards, de leur entourage si ce n’est de leur médecin ! A noter que ces derniers sont de plus en plus réceptifs et attentifs aux plaintes diffuses qui leur sont adressées. D’ailleurs, la première chose que demandent ces malades particuliers à leur entourage « qui ne peut rien… » c’est de « juste me croire… » (Françoise Becavin). Nicole Sellès, elle, nous apprendra que ce syndrome n’a absolument « rien à voir avec une dépression. »
Le Syndrome de fatigue chronique semble bien être également une question qui ait trait au savoir/ pas savoir : Françoise Becavin parlera du soulagement « …quand on sait de quoi on souffre… » et Nicole Sellès, elle, de ses premiers pas dans la maladie en ces termes : « Arriver comme tout malade, comme si je ne savais rien. » La seule chose qui soit sue c’est que i) à l’intérieur on souffre et que ii) l’extérieur en doute !
SSM : SYNROMESEBIRE et MOSLEY ou SADO MASO !
Les colloques du RPH se tiennent au musée des moulages – dit Musée Garetta ou bien Musée de dermatologie – de l’hôpital Saint-Louis ; rien que les lieux méritent qu’on assiste à nos colloques ! Or, lors du dernier – dont il est ici question – |