La lettre du RPH
Réseau pour la Psychanalyse à l’Hôpital
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| Mai 2008 |
Rédacteur en Chef : Edith de Amorim |
N° 115 |
Editorial
Le nouveau roman-feuilleton !
La modernité ne saurait exister sans l’exquis appui d’états ô combien surannés ! Ces temps-ci, dits donc modernes, n’échappent en rien à cette « règle » et c’est ainsi que refleurissent, sous l’ardent soleil de mai, le glaneur et la glaneuse à la une de nos quotidiens et dès l’abord de l’envers du décor consomptible, comprendre : les poubelles des invendables !
Les femmes comme les hommes, les jeunes comme les jeunes, les vieilles comme les vieux, le tout venant à manquer, tout le monde pauvre peut donc glaner !
Sauf qu’évidemment, au-delà de la bouffée d’archaïsme que fait entrer ce vocable dans notre modernité, il apparaît tout de même que son emploi hic et nunc résulte d’un forçage, au demeurant tout à fait dans l’air de ce début de XXIe siècle !
Les glaneurs et glaneuses de mai 2008 n’ont – et malheureusement hélas – pas à glaner les mêmes mets que les glaneuses de 1857, par exemple. On pourrait toutefois le penser tant ledit progrès nous donne toujours à voir les « mieux », « plus » et autres « trop » ! Mais…
Mais on ne sait que trop bien, qu’en sa valise, « Progrès » trimballe des effets plutôt peu ragoûtants, tels ces abjects revers de ces légumes rengorgés de multiples pesticides ; effets qui nous autorisent à penser que les glaneuses de Jean-François Millet (1857, huile sur toile 83 x 111 cm, Paris, Musée d’Orsay) étaient plus chanceuses que nos pauvresses de mai 2008 fouillant les poubelles des grandissimes grandes surfaces : au moins dans les épis glanés que du blé, pas d’OGM ! |
… Suite !
Il semble donc s’annoncer que l’usage de « glaneur » soit inapproprié, impropre, inadéquat, incorrect, inexact, injuste même, tant est grande la différence entre les restes offerts des siècles passés et ceux d’icelui abandonnés, jetés aux pauvres bougres ! En effet, quelle serait la commune mesure entre épis mûrs échappés aux mains besogneuses ou tombés des charrettes plus que replètes et ces invendus, quasi déchets, jetés, abandonnés dans les bennes à ordures ? Le « pas perdu pour tout le monde » est plus appétissant que le « trop bientôt pourri », l’« invendable » ; la perte inhérente, inévitable, incontournable, inéluctable, obligée qu’entraîne l’activité de production humaine quelle qu’elle soit ne peut être comparée au déchet inhérent, inévitable, incontournable, inéluctable et obligé lui aussi qu’entraîne toute consommation humaine ! Alors pourquoi « glaneur » quand d’évidence désormais personne ne veut plus de ce que « glane » le pauvre ?
On ne glane que des restes – dans les champs la moisson achevée – non des déchets, des presque ordures, à l’alibilité douteuse – dans les bennes des super ou des hyper marchés.
Ce qu’il y a à glaner, dans cet énième retour d’un passé méphitique – comme est toujours ce passé qu’on s’évertue à effacer –, sera pour ceux qui courberont l’échine, accepteront de faire leur miel de ce reste échappé au trop plein et pour cela justement devenu cet insignifiant, ce banal, ce commun, cet ordinaire offert par le provisoirement nanti, du moins jusqu’à la prochaine récolte. Ainsi du psychanalyste que le moi autorise à venir glaner au champ inconscient sans « savoir » qu’il ouvre ainsi la barrière aux « … intrigues parallèles, contrapuntiques. » chères à Aldous Huxley et quelques autres noms de ce qu’on a appelé le « nouveau roman » ! |
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L’œil - en salles obscures – et combien d’accessibles aux handicapés ?
My father, my lord, Israël, 2007, drame de David Volach avec Assi Dayan, Ilan Griff, Sharon Hacoen Bar. D’un côté : les hommes avec Dieu et la foi, dont Rabbi Abraham. De l’autre : les femmes avec Dieu, les hommes, dont Esther. Au milieu l’enfant d’Abraham et d’Esther : Menahem ! Il, le père, est ultra-orthodoxe mais ça c’est juste la trame, pas le drame ! Le drame c’est qu’entre homme et femme il y a Dieu, l’Autre, qui d’évidence n’est pas le même : pour l’homme il n’y a que Dieu, pour la femme c’est moins simple puisqu’il y a aussi son petit dieu, son enfant mâle ; mais, au final, il s’avère que ce n’est pas non plus si simple pour l’homme puisque Dieu, le Réel, est bien cruel « parfois » ! C’est l’histoire simple au cours d’un temps pas si logique, pas si coulant, presque arrêté, avec un homme d’un côté qui arrache sa progéniture des griffes maternelles (scène du nid dont le rabbin chasse la colombe) pour l’immoler à ce Dieu et d’une femme de l’autre qui s’évertue à croire qu’elle peut concilier mari et fils ! Ca finit mal, évidemment comme nombre de croyances !
L’œil aux aguets !
Dans le numéro 52, de mai, de la revue Virgule, page 33, on nous apprend à prononcer correctement certains mots dont – je vous le donne en mille – Œdipe ! Le -e- dans l’-o- se prononce -é- « dans les mots d’origine grecque et, plus généralement, lorsqu’il est placé devant une consonne (…) » et donc [édipe] et non [eudipe] et aussi : [ésophage] [énologie], [édème] [écuménique] [éstrogène] et [fétus] !
L’œil – en noir et blanc de la lecture d’une autre !
Catherine Gualtiero, écrivain, dernier ouvrage paru Western Spaghetti, Ecole des Loisirs, Médium (2008), nous propose de découvrir :
Janet Frame (nouvelliste et romancière néo-zélandaise) : Le Lagon et autres nouvelles (Editions des femmes, Antoinette Fouque)
Annie Saumont ("Ze" grande nouvelliste française, une écrivaine particulièrement prolixe, toujours en vie, avec une œuvre vraiment magnifique !) : Noir, comme d'habitude (Editions Julliard, mais disponible aussi en Pocket, 2002) (l'un de mes préférés…)
Manuela Draeger (une jeune écrivaine qui monte, qui monte publiée par Geneviève Brisac, à l'Ecole des Loisirs, c'est très particulier, mais moi, je fonds complètement …) : Nos bébés pélicans (Editions de l'Ecole des Loisirs, collection Médium, mon préféré !)
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Les réunions cliniques du RPH
Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.
Chaque mois un membre praticien de l’association présente une situation clinique. La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l’association.
Informations :
J.-B. Legouis : 06.11.89.51.81.
Dates des prochaines réunions :
10.06.08 : J.-B. Legouis
09.09.08 : L. Baudiment
14.10.08 : M. Salsa |
Le séminaire du RPH
Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème le surmoi dans la clinique quotidienne du médecin et du psychanalyste. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21h à 22h 30 au 1, rue Lentonnet – 75009 Paris. Il est ouvert aux médecins, étudiants, psychanalystes et psychistes qui pourront apporter des situations cliniques à discuter pendant le séminaire.
Informations :
F. de Amorim : 01.47.70.56.02
Dates des prochains séminaires :
27 mai 2008
24 juin 2008
23 septembre 2008
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Les rendez-vous du RPH
Groupe de lecture des œuvres de Jacques Lacan, le troisième vendredi de chaque mois au 1 rue Lentonnet – 75009 Paris, de 21h à 22h30, animé par Fernando de Amorim.
Groupes de lecture des œuvres de Sigmund Freud se réunissant mensuellement au siège du RPH – 33, rue Pigalle – 75009 Paris, de 21h à 22h30 :
Le premier vendredi, animé par Jean-Baptiste Legouis
le deuxième lundi, animé par Julien Faugeras
le troisième mardi, animé par Edith de Amorim
Un groupe de lecture « psychanalyse d’enfants » se met en place, animé par Laure Baudiment ; premier auteur étudié : Mélanie Klein. |
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