Editorial
LE NEZ DANS LE GUIDON
Ce qui a mal commencé a mal continué.
Lors de ce tour de juillet, les choses se sont très vite gâtées : le nez dans le guidon je dévorai alors des kilomètres d’articles de presse sans trêve ni repos et la prochaine étape était toujours Scylla ! Jusqu’à ce qu’à l’occasion d’une chute, j’atterrisse sur une page d’écriture ancienne, une lettre :
« Vienne, le 28 décembre 1914
(…) Elle – la psychanalyse – a conclu des rêves et des actions manquées de l’homme sain, comme des symptômes du nerveux, que les impulsions primitives, sauvages et mauvaises de l’humanité n’ont disparu chez aucun individu, mais qu’elles continuent au contraire à exister, quoique refoulées, dans l’inconscient, comme nous le disons dans notre langage technique, et attendent les occasions d’entrer de nouveau en activité.Elle nous a enseigné encore que notre intellect est une chose débile et dépendante, jouet et instrument de nos penchants pulsionnels et de nos affects, et que nous sommes amenés nécessairement à nous conduire en esprit perspicace ou imbécile selon ce que nous commandent nos positions comme nos résistances internes.
Et maintenant, jetez un regard sur les processus de ce temps de guerre, sur les cruautés et les violations du droit dont les nations les plus civilisées se rendent coupables, sur la manière distincte dont elles jugent leurs propres mensonges, leur propre injustice et celle de leurs ennemis, sur le manque général de discernement et accordez-moi que la psychanalyse a eu raison dans ces deux affirmations. (…)
Votre cordialement dévoué,
Sigm. Freud » (Lettre à Frederik van Eeden, S. Freud, Œuvres complètes – Psychanalyse – vol. XIII, PUF, Paris, 1988).
On peut se demander ce qu’apporte cette correspondance dans le contexte actuel ? Peut-être dans la lutte contre le terrorisme – pratiqué au nom d’Allah ou de Napoléon – le plus important est-il de ne jamais céder aux sirènes d’une complémentarité toute platonicienne où errent des moitiés tout de Bien vêtues et les autres en haillons. Avec quels résultats ? Ces conclusions de la psychanalyse apportent l’espoir que rien n’est définitif puisque, aussi bien, les sociétés occidentales démocratiques ont, elles aussi, eu à batailler contre le même fond de pulsions agressives.
De la lecture de cette lettre, la certitude m’est venue qu’il n’y a pas plus de raison de désespérer qu’il n’y en à d’espérer – à moins d’être absolument convaincu que seul l’Occident puisse accéder à ce degré de civilisation – et qu’à tout prendre, je choisis d’espérer.Bonnes vacances.
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Une association
A « bon pour bonne année » !
Un réseau soignants-ville-hôpital émanant du service des maladies du sein de l’hôpital Saint-Louis s’est créé. Le réseau porte le nom : SAINT-LOUIS RESEAU SEIN.
Cette association a pour but d’organiser et de gérer ce réseau. Ses objectifs sont d’améliorer la prise en charge des patient(e)s atteint(e)s ou à risque d’affections mammaires, de leur famille et de leurs proches dans tous les domaines du soins, de la prévention, du dépistage et du soutien.
Elle a également pour objectif des actions d’information, de formation, de recherche, tant en France qu’à l’étranger.
Le réseau comprend l’ensemble des soignants pouvant aider ces patient(e)s : médecins spécialistes, généralistes, psychistes (psychiatres, psychologues, psychothérapeutes), kinésithérapeutes, infirmières, assistantes sociales, soignants dans le domaine des soins palliatifs, équipes de soins contre la douleur, diététiciennes…la liste n’est pas close.
Des réunions de formation sont prévues sur tout sujet en rapport avec les affections mammaires (cancer notamment mais non exclusivement).
Michelle Chazey
Médecin gynécologue, membre du RPH |