Editorial
DES CHIFFRES (FLUCTUARI ANIMO )
C’est connu : on leur fait dire ce qu’on veut. Et aussi, on les malmène : on les tord, les manipule, les rafistole. Et puis, on les mélange : des choux avec des carottes ! En septembre, dans différents quotidiens, j’ai lu que – somme toute (!) – le bilan de la canicule en France était bien plus lourd que ceux de Louisiane et des attentats de New-York réunis. Diantre ! lu comme ça, je l’avoue, j’ai eu peur ! Ben Laden, Al-Qaida et Katrina mis ensemble n’arriveraient pas à la cheville meurtrière de l’implacable inorganisation du gouvernement français de l’été 2003… ! Du pipi de chat, en somme…Il est vrai qu’à l’époque on parla de 15.000 décès !
Pourtant, les 3.000 victimes du 9/11 nous valurent une ambiance « fin du monde » et deux guerres ; environ 1.000 victimes pour Katrina et une ambiance «Sa Majesté des mouches » ; pour les 7.000 victimes directes et les 15.000 de plus dans les 20 années qui suivirent Bophal c’était ambiance « bout du monde loin du cœur ».
Et comme si cela ne suffisait pas à produire la confusion la plus crasse dans mon esprit, il faut ajouter à ces phénomènes les effets de manchettes et de gros titres : dès le 12 septembre 2001, on parlait d’au moins « 20.000 » morts, plus récemment il s’agissait de 10.000 victimes ! Au bout du compte (d’apothicaires) je ne sais plus si je suis insensible ou trop sensible !
Pour ne pas sombrer totalement dans l’incohérence, j’ai voulu connaître le vrai chiffre, vous savez, l’unique, le seul, l’officiel - comme on l’appelle – des victimes de la canicule. Après beaucoup de temps passé à le traquer dans les rets d’Internet, je téléphonais et retéléphonais à la Direction Générale de la Santé (D.G.S.) : là, on ne communique rien à ceux dépourvus, comme moi, de personnalité morale ! Il faut écrire, ce que je fis le 14 septembre. Bien sûr, lorsque j’aurai la réponse je vous la donnerai… |
Un membre du RPH
Laure Baudiment
Née en 1964, je me suis longtemps couchée de bonne heure. Après un bac et un BTS, j’ai travaillé en entreprise jusqu’en 1998. J’ai repris mes études : je voulais faire psychanalyste, j’ai opté pour la filière psychologie et commencé une analyse en 1989. Durant mes études j’ai commencé par effectuer un stage au sein de SOS Dépression et Urgences psychiatrie. J’y ai appris un peu sur la psychose en écoutant des psychotiques déverser leurs angoisses de nuit via le téléphone et sur l’urgence en accompagnant le psychiatre chez le patient en crise.
J’ai ensuite eu le bonheur de rencontrer en 1997, Fernando de Amorim, qui m’accepta en stage à l’hôpital Avicenne dans le service d’immunologie, service où l’on meurt beaucoup. Grâce à ce Monsieur, qui parlait enfin un langage que je comprenais, j’ai pu me mettre réellement au travail et suivre son enseignement. J’ai ensuite effectué deux ans de stage à l’hôpital de la Salpêtrière au sein du service de Consultations Extérieures (avec des patients sans papier, sidéens, en état de grande pauvreté, schizophrènes, etc.) et à l’hôpital de jour du Pradon à Sainte-Geneviève des Bois où j’ai eu l’occasion de travailler avec des enfants psychotiques.
J’ai aussi une expérience en thérapie familiale au Centre Monceau avec Pierre Angel et en ethnopsychiatrie au Centre Georges Devereux. Au bout de ce parcours expérimental, j’ai continué à opter pour la psychanalyse et me suis installée en libéral en 2000. Je reçois en tant que psychothérapeute avec diplôme de psychologue des enfants et des adultes sur Paris et Noisiel en attendant d’occuper la position de psychanalyste.
J’effectue aussi des suivis thérapeutiques d’enfants placés à l’ASE suite à de mauvais traitements. Je fais partie du RPH depuis sa création en 1997. Je me suis longtemps occupée de la Revue du RPH que j’ai du abandonner à la naissance de mes enfants. Je m’occupe de la partie publication-distribution, du site Internet, de la comptabilité et du bulletin du RPH.
Le RPH m’a permis de débuter rapidement ma clinique et me permet toujours d’élaborer ma praxis : Analyse, supervision, clinique, théorie, vie quotidienne et Brésil ! |