La lettre du RPH
Réseau pour la Psychanalyse à l’Hôpital
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Avril 2006
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Rédacteur en Chef : Edith de Amorim |
N° 95 |
Editorial
Les troublantes conduites de L’Inserm
Voici ce que vous pouvez lire en page 5 du Canard Enchaîné du mercredi 5 avril 2006 :
« Le mercredi 22 mars, le patron de l’Inserm, Christian Bréchot, était invité à l’émission de France Inter « Le téléphone sonne » pour s’expliquer sur le rapport très controversé concernant « les troubles de conduite » chez les enfants très jeunes. Là, surprise. Les auditeurs qui appellent l’interrogent tous ou presque avec une certaine bienveillance, alors que la fameuse thèse défendue dans ces travaux avait suscité des réactions passionnées et des pétitions polémiques. Pourquoi ce calme soudain ? On doit sans doute ce débat serein aux proches du directeur général de l’Inserm, qui la veille de l’émission, le mardi 21 mars, avaient fait parvenir l’e-mail suivant à ses plus chauds partisans : « Il faut « faire appeler » le plus possible « nos soutiens » pour « Le téléphone sonne » dès 17 heures au n° indiqué ou par mail DES MAINTENANT (je viens d’en poser un) sur le lien : faire passer à Danion, Jammet, associations & co. non ? Pour avoir le plus d’appels et de questions « convenus », comme on les appelle. » Signé : Séverine Ciancio, attachée de presse de l’Inserm. « Les e-mails n’ont pas été validés par la direction générale, c’est une initiative personnelle. » fait-on valoir à la direction de la communication. Protégez-moi de mes amis ! Des controverses on pu avoir lieu sur la qualité scientifique du rapport de l’Inserm. Voici réunies les conditions d’un échantillon d’auditeurs vraiment représentatif. ». N. Be. |
Un membre du RPH
Gérard LHERITIER
Stalingrad capitulait, des hommes mouraient.
Ailleurs, un louis d’or dans la main gauche, on célébrait la chandeleur ce 2 février 1943.
Depuis cette date, chaque année, je suis admis à la suivante ; je n’ai hélas jamais redoublé. Après une brillante maternelle, bourré d’anticorps, il me fallut affronter la vie. A cette époque, la plus grande partie de mon temps, je la passais au lycée Pasteur. Le bac en poche, je pris la direction de la rue de Liège, ce qui était pour certains kinésithérapeutes ce que la rue d’Ulm était aux professeurs de lettres. J’en sortis diplômé en 1967, ce qui permit à la sécurité sociale de m’enregistrer sous le numéro 1446 comme kiné du Val d’Oise.
C’est au début de l’année 2004 que je fus invité à assister aux séminaires du RPH du quatrième mardi de chaque mois, animés par monsieur Fernando de Amorim. Je ne fais pas partie de la famille des Psychistes, mais ces soirées m’ont permis de découvrir Freud et Lacan. Elles m’initient à une approche plus complète du sensible et me confirment ce que je soupçonnais : l’esprit et le corps comme les deux mains du pianiste se complètent au point de n’être plus qu’un.
Je regrette d’avoir rencontré le RPH si tard. A certaines situations que j’ai rencontrées, aussi bien dans ma vie privée que professionnelle, j’aurais donné une orientation toute différente. Je remercie monsieur F. de Amorim ainsi que tous les membres du RPH de m’avoir accepté chez eux.
Kinésithérapeute, je suis amené à recevoir des patients et à les revoir souvent et longtemps. Ils me parlent beaucoup et je les écoute.
Aujourd’hui, j’entends mieux et ce que je considérais comme un bruit de fond, m’apparaît à présent comme essentiel.
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« Francis » ou vivre avec son temps ?
En mars, je découvrais que ce que je prenais encore, et malgré tout, pour de l’anticipation était réalité : j’avais beau lire les descriptions détaillées des psychanalystes – entre autres – sur les menaces qui grèvent le sujet pris dans les rets des filets des évaluations de tout poil, je vivais comme si elles avaient encore à prendre corps sinon en Europe, tout au moins en France ! Las ! Plongée dans la lecture du Livre I du Séminaire (« Les écrits techniques de Freud », Editions du Seuil, 1975), arrivée à la page 194, je découvre qu’alors on pouvait décrire en toute tranquillité une toute petite fille, sachant à peine marcher, s’ingéniant à « appliquer » une pierre grosse sur la tête du petit voisin en proférant « Moi casser tête Francis » et je vous cite le texte : « Je ne lui promets pas pour autant un avenir de criminelle. Elle manifestait seulement la structure la plus fondamentale de l’être humain sur le plan imaginaire – détruire celui qui est le siège de l’aliénation. ». Le texte est du 5 mai 1954. Je n’étais pas née, c’était déjà moderne, c’est toujours audacieux !
Vivre avec son temps ?
Mais quel est ce temps qui fait, aujourd’hui, l’apologie du ruisseau, et qui, sous couvert, de modernité nous passe à nouveau les plats d’un sexisme des plus fétides ? Prenez le n° 106 du Monde2 qui dédie sa une et son Grand Entretien (sous la plume de Samuel Blumenfeld) à un certain Steven Levitt, micro-économiste, qui proclame que l’économie « n’est pas idéologique. Elle n’est pas politique. » mais vérité qui nécessite du courage ; vous savez ce courage si particulier, pas idéologique ni politique pour deux sous, ce grand courage inouï auparavant qui fait dire à un certain président de Harvad, Larry Summers, cité par ce même un certain Steven Levitt : « …il se pourrait que, dans les domaines scientifiques, les femmes aient moins d’aptitudes que les hommes. » ! Ce même un certain Steven Levitt qui se demande pourquoi si peu de femmes se prostituent !
Je vis avec mon temps mais pas uniquement : je vis aussi avec la somme de mes connaissances, acquises parfois de haute lutte quand bien même allongée sur un divan. J’aime mon époque parce qu’elle est mienne et que j’aime aimer.
L’œil – en prose :
Quand Freud voit la mer – Freud et la langue allemande I, Georges-Arthur Goldschmidt, Buchet Chastel, 20 €
Quand Freud attend le verbe – Freud et la langue allemande II, Georges-Arthur Goldschmidt, id.
L’œil – à l’affût :
Il est une librairie tenue par une libraire d’un âge certain et fort amène et loquace, tout sourire. Si vous êtes amis de la langue de Goethe et de Freud ou en train d’être introduit, cette libraire a ses entrées, toutes personnelles : un fond de films allemands ou en allemand, sous-titrés ou non qui doivent nous en faciliter l’abord. C’est la librairie Buchladen, 3 rue Burq à Paris 18e ; elle est ouverte du mardi au dimanche de 11 h (excepté les dimanches où on passe à l’heure d’été !) à 19 h. La libraire s’appelle Gisela et son adresse électronique est BUCHLADEN@wanadoo.fr
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Les réunions cliniques du RPH
Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.
Chaque mois un membre praticien de l’association présente une situation clinique.
La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l’association.
Informations :
J.-B. Legouis 06 11 89 51 81.
Date de la prochaine réunion :
14.04.06 : J.-B. Legouis
09.05.06 : L. Baudiment |
L’Assemblée Générale du RPH
Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème l’identification en médecine et psychanalyse. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21 h à 22 h 30 au 1, rue Lentonnet 75009 Paris. Il est ouvert aux médecins, étudiants et psychothérapeutes qui pourront apporter des situations cliniques à discuter pendant le séminaire.
Informations :
Lilia Nabaïs : 01.39.47.71.53
Date du prochain séminaire :
Le 25 avril 2006
Le 23 mai 2006 |
Les colloques du RPH
Le colloque d’avril a eu pour thème :
Où est le handicap ? Vivre, soigner, parler, dans la cité
Ca a été une journée grisante, brillante avec, en prime des travaux pratiques dont je vous livre sans attendre la leçon apprise : s’il vous arrive, un jour, de pousser une personne en fauteuil roulant et qu’une montée se présente à vous : tendez les bras !
Bravo et merci à tous les participants.
A bientôt pour un prochain colloque. |
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