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La lettre du RPH

Elle est mensuelle, elle est informative et de libre opinion.
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La lettre du RPH


Réseau pour la Psychanalyse à l’Hôpital

 

Juillet/Août 2006

Rédacteur en Chef : Edith de Amorim N° 98

Editorial

Epilogue

Le colloque qu’organisa le RPH en avril dernier sur le handicap avec cette conclusion : « Tous handicapés ! », emberlificotés que nous sommes dans les rets du langage car, évidemment, disposer à sa guise de ses quatre membres ou de ses cinq sens n’empêche en rien que l’on s’y prenne les pieds.

Toutefois, les témoignages de cette journée pointèrent cette volonté d’exercer pleinement cette existence prise, dès l’abord ou non, dans les mailles d’une physique contraignante. Or, le discord qu’imposent les propriétés fondamentales de cette matière singulière, difficile de ne pas l’entendre ! Pourtant, c’est bien le reproche qu’adressent les handicapés à la société : ils ne sont ni entendus, ni vus. On pourrait passer très vite sur cette question de l’accessibilité qui concernerait plutôt les terrassiers, maçons, manœuvres, ingénieurs, énarques, enfin tout ce qu’un pays compte de forces vives pour créer les conditions matérielles d’un vivre à portée de tous. Mais pouvoir entrer dans un musée, un restaurant, prendre un autobus en toute autonomie ne garantie en rien la libre circulation du sujet !

Jacques Lacan, dans son Séminaire, Livre II, « Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse », 17 novembre 1954, p 13, dit : « Quand quelque chose vient au jour, quelque chose que nous sommes forcés d’admettre comme nouveau, quand émerge un autre ordre de la structure, eh bien ! cela crée sa propre perspective dans le passé […] » Cette émergence incontournable, comment faire pour qu’elle s’emmêle à ce passé ? Comment faire pour qu’elle l’apprivoise, fraternise ? Comment ???

Lacan encore, page 14 du même ouvrage, dit : « Ce qui apparaît de nouveau semble toujours ainsi s’étendre dans la perpétuité, indéfiniment, en deçà de soi-même. Nous ne pouvons pas abolir par la pensée un ordre nouveau. »

Or, de ce passé « glorieux » ou d’avant, comment faire table rase, si chaque pas entrepris conduit à ce constat : « avant/si je pouvais » ?

Bonnes Vacances !

Actualité

Pierre Rey est mort

Pierre Rey a écrit des romans, des pièces de théâtre, mais c’était avec le récit de la traversée de sa cure avec le psychanalyste Jacques Lacan qu’il a touché le plus intime de la communauté psychanalytique (Pierre Rey, Une saison chez Lacan, Robert Laffont, Paris). Sans aucun doute ce sont celles et ceux qui viennent rencontrer au quotidien le clinicien qui peuvent témoigner de la substance du style du psychanalyste et qui nourrissent ainsi l’essence même de la psychanalyse.

Le récit de cette psychothérapie avec psychanalyste nous donne la teneur du véritable quotidien d’un clinicien. Sans relâche, Lacan avait tenu la barre. C’est ce dont témoigne P. Rey. Plusieurs questions sont abordées crûment par l’auteur, sans qu’à aucun moment il nous laisse entendre que le psychanalyste ait cédé de la direction de la cure.

Emouvant, triste, haineux, franchement amusant, nous voyons l’être décrire comme n’importe quel patient ou psychanalysant, le brouillard où il est et qu’il peine tant à quitter. Pierre Rey nous décrit un psychanalyste sans chichi, visant toujours à aller à l’essentiel, tout en prenant en considération la structure psychique de celui qu’il écoute. Pierre Rey a bien profité de cette expérience avec Lacan. Il nous laisse un document dont je n’éprouve aucune gêne d’appeler clinique. Clinique car nous voyons le clinicien à l’œuvre, clinique parce qu’éthique. Clinique parce que dans un corps à corps sans peur, où le symbolique et le réel sont au service du dégonflage de l’imaginaire.

J’ai lu à de nombreuses reprises ce livre de Pierre Rey. Et c’est inspiré par son récit que j’ai pu introduire des nouvelles tactiques dans la conduite de la cure. Dans mon exemplaire, la couverture représente le « Passage du Styx ». Pierre vient de toucher l’autre berge. Une pensée chère lui est adressée.

Fernando de Amorim


L’œil – à la portée de tous les fauteuils roulants / alla portata di tutte le carrozzine

« Ainsi, ne perdant pas courage, j’ai commencé à organiser des voyages pour rencontrer mes amis disséminés de par le monde : je rentre tout juste de Barcelone qui est une ville épatante pour les handicapés ! Les trottoirs, les musées, les jardins, les restaurants, les bars, le métro, les autobus sont à la portée de tous. » (Carla N., 30/06/2006)

L’œil - en salles obscures pas accessibles !

Changement d’adresse, film français, comédie, 2005, d’Emmanuel Mouret avec Dany Brillant, Emmanuel Mouret, Fanny Valette, Frédérique Bel. Histoires d’amour en léger, drôle, subtil, parisien !

Voyage à Tokyo, film japonais, comédie dramatique, 1959, de Yasujiro Ozu, avec Chieko Higashiyama, Chyshu Ryu, Haruko Sugimura, Setsuko Hara. Quand du passé on ne garde que le pire…

C.R.A.Z.Y., film canadien, comédie dramatique, 2005, de Jean-Marc Vallée, avec Danielle Proulx, Marc-André Grondin, Michel Cote. Si vous pensiez connaître l’accent québécois, allez écouter ce film ! Le drame du film c’est l’histoire des pas dans le désert …

L’œil - en noir sur blanc

L’héritage d’Esther, de Sándor Márai (1900 – 1989), écrivain hongrois. Quand la névrose paralyse plus sûrement qu’une hémiplégie…

Une saison chez Lacan, de Pierre Rey (Robert Laffont, Paris), « Jusqu’à ce que la mort m’en chasse. », p. 221.


Les réunions cliniques du RPH

Ces réunions se déroulent le deuxième mardi de chaque mois de 21h à 23h au 1 rue Lentonnet 75009 Paris.

Chaque mois un membre praticien de l’association présente une situation clinique.

La réunion est ouverte uniquement aux membres praticiens de l’association.

Informations :
J.-B. Legouis 06 11 89 51 81.

Date de la prochaine réunion :
12.09.06 : E. de Amorim
10.10.06 : J.-B. Legouis

L’Assemblée Générale du RPH

Ce séminaire animé par F. de Amorim a pour thème l’identification en médecine et psychanalyse. Il se déroule le quatrième mardi de chaque mois de 21 h à 22 h 30 au 1, rue Lentonnet 75009 Paris. Il est ouvert aux  médecins, étudiants et psychothérapeutes qui pourront apporter des situations cliniques à discuter pendant le séminaire.

Informations :
Lilia Nabaïs : 01.39.47.71.53

Date du prochain séminaire :
Le 26 septembre 2006
Le 24 octobre 2006

Les colloques du RPH

Assemblée Générale n° 2 :
Samedi 30 septembre 2006 – 16 h

Prochain colloque du
Samedi 25 novembre 2006 :
Les urgences en médecine, psychiatrie et psychanalyse

Groupe de lecture des œuvres de
Sigmund Freud :
Vendredi 29 septembre 2006 - 21 h
C.P.P. 33 rue Pigalle Paris 9e

1e œuvre étudiée : Contribution à la conception des aphasies (PUF)

 

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